Alors que le débat sur la protection de la vie privée des internautes entre dans une nouvelle phase avec la consultation publique sur le droit à l’oubli numérique, au Royaume Uni, des milliers de clients d’un site web de jeux et consoles vidéo ont vendu leur âme sans même s'en rendre compte. Lors de l’acte d’achat, les internautes avaient la possibilité de cocher une case stipulant le retrait de cette clause pour le moins étrange. Plus de 7500 clients ne l’ont pas fait de manière à obtenir un bon d’achat de 5 livres ! Le site web a ainsi voulu prouver que « 88% des clients et internautes en général, ne lisent pas les termes et conditions des contrats de vente en ligne avant de faire leurs achats ». Et si les acheteurs avaient vraiment voulu vendre leur âme contre un bon d’achat de 5 livres ??? Et si aujourd’hui l’âme ne valait pas plus que 5 livres ???
Pourtant, il n’y a rien de plus intime que son âme… Et si le test avait porté sur l’intimité justement : les clients de GameStation auraient-ils accepté de vendre une partie de leur intimité en échange de quelques pound ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle marchandisation des données !
En effet, la marchandisation de l'intimité sera sans doute au coeur du business model des plateformes digitale de demain. La publicité de masse vie ses derniers jours. Elle devra inexorablement évoluer vers toujours davantage de ciblage et de personnalisation. Et pour que ce ciblage fonctionne, les dispositifs marketing online devront aller toujours plus loin dans la connaissance individualisée des internautes.
D'un autre coté, les internautes, et surtout les plus jeunes, semblent avoir une notion de l'intimité qui n'a plus grand chose à voir avec la définition classique que l'on peut en avoir. Ou plutôt, ils ont une approche très pragmatique de l'intimité. Ils savent la gérer, l'utiliser pour construire un masque social qui leur permettra d'intégrer un groupe ou d'accéder à un statut. Ils en pilotent les tenants et les aboutissants. Surtout, ils semblent avoir une notion aïgue de sa valeur et de son utilité. Ils sont prêt à partager certaines informations «intimes» avec les marques si cela leur permet de gagner quelques chose en retour : des services gratuits, des réductions ou des invitation à des évènements privés.
Alors, les digitals natives sont-ils des Faust en puissance ? Vont-ils tous vendrent leur âme pour une seconde vie virtuelle "gratuite" voire rémunératrice ?