Dans l’une de ses newsletters d’aout, Adage rapporte un intéressant débat sur la manière dont les réseaux sociaux peuvent contribuer à la communication des marques : « Marketers Start to Use Social Networks for CRM Instead of Ads ». Plutôt que de se calquer sur le modèle classique de la pub (bannières…), ces plateformes peuvent aider les marques à créer et à animer des communautés de consommateurs ou de clients. Plusieurs exemples sont cités dans l’article dont celui de Canival Cruises, un organisateur de croisières qui permet à ses anciens clients d’échanger des conseils avec des clients préparant leur croisière ou des prospects encore hésitants. Nikon et Champion exploitent également ce type de plateforme.
L’idée me paraît excellente ! Par contre, je suis un peu perturbé par le titre de l’article qui dénote bien le glissement sémantique à l’œuvre depuis 2 ou 3 ans autour de l’expression CRM. Dans sa définition première, le CRM désigne l’ensemble des dispositifs permettant de gérer le dialogue entre une marque et ses clients. Ces dispositifs permettent à la marque de « gérer » ses clients, c'est-à-dire de les identifier, de les connaître, de les reconnaître et de communiquer avec eux de manière personnalisée soit au travers d’une relation en one to one (échange téléphonique, face à face en boutique, interface web customisée…) soit via une relation one-to-few (mailing ou e-mailing ciblé). Ces dispositifs ont également pour vocation d’historiser ces échanges qu’ils soient constitués de contacts entrants (achats en boutique ou sur le web, appels téléphoniques, réponses à un questionnaire …) ou sortants (mailing ou e-mailing envoyés…). Enfin, ces outils ont pour finalité de segmenter les clients afin de communiquer avec eux de manière ciblée, de mesurer et d’augmenter le ROI des différentes opérations de communication directe one-to-few.
Depuis quelques temps, cette définition orthodoxe du CRM est plutôt malmenée. Le CRM est devenu l’ensemble des dispositifs qui donne aux marques la possibilité de communiquer de manière indifférenciée et non personnalisée avec la totalité des cibles de l’entreprise : toujours les clients, mais aussi les prospects, les consommateurs, les leaders d’opinion, les ambassadeurs de la marque, voire les collaborateurs. De fait, on perd en compréhension ce que l’on gagne en extension. On élargit la cible mais on va moins en profondeur dans la connaissance client et l’on perd complètement la finesse du ciblage et la mesure du ROI. Du coup, on ne voit d’ailleurs plus très bien, ou à peine, la différence entre le CRM et … la communication globale, voire la pub !
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